Les récents évènements en Tunisie et en Algérie soulèvent, notamment, la question de la nature de leur régime politique.
Concernant la crise algérienne et contrairement à  ce qu’il se passe en Tunisie, les observateurs s’accordent à  dire qu’il ne s’agit pas d’une crise politique mais bien économique. Il n’en demeure pas moins vrai que de nombreux points communs rassemblent les régimes politiques de ces deux pays.
On peut évoquer la place hégémonique qu’occupe le chef de l’état dans l’édifice constitutionnel, le rôle secondaire des institutions et la place des partis politiques comme autant de facteurs favorable à  une crise tant politique qu’économique dans ces pays. ces facteurs existent car, sans doute, au lendemain de la décolonisation, ces pays ont choisi le système qui correspondait le mieux aux intérêts de l’élite politique dominante.
La place prépondérante accordée au chef de l’Etat, la subordination du Parlement en tant qu’institution représentative et la marginalisation de l’opposition ont été le frein à toute évolution démocratique et le moteur de la crise Tunisienne.
Les constituants maghrébins se sont inspirés de la constitution française de 1958 pour adopter ce qu’il est convenu d’appeler le régime « présidentialiste ».
Toutefois, et contrairement au système français démocratique, limité constitutionnellement et tempéré en cas de cohabitation, le régime maghrébin accorde chef de l’état des prérogatives et quasi absolues à tel point qu’il apparaît comme la clef de voûte du système.
En Algérie comme en Tunisie, il est le réel chef de l’exécutif et c’est lui qui conduit et détermine la politique de la nation.
Le chef du gouvernement, quant à lui, se charge de préparer et d’exécuter cette politique en fonction des orientations du chef de l’état.
De la même façon, c’est le chef de l’état qui nomme le premier ministre et le gouvernement et qui met fin à leurs fonctions.

*en Algérie :
2 premiers ministres ont résisté aux injonctions du chef de l’état et ont essayé d’infléchir son programme politique. Il s’agit de Kasdy MERBAH (sous la présidence de C.BENDJEDID) de 1988à 1990 et d’Ali BENFIS (sous la présidence de A.BOUTEFLIKA) en 2000.
L’attitude de ces deux chefs de gouvernement ont amené les présidents avait révoqué :
Ali BENFIS fut destitué en 2003 alors même qu’il était le chef de file du front de libération nationale, et que disposant de la majorité absolue à l’assemblée il avait pourtant ce pouvoir de paralyser les initiatives législatives de l’exécutif.
Ces exemples montrent en Algérie, c’est le président le chef de l’exécutif et que le premier ministre ne peut même pas se prévaloir de sa majorité parlementaire pour lui résister.
Si le chef de l’état est responsable de la politique intérieure, il conduit la politique extérieure également. à ce titre, il signe et ratifie le traité, accrédite les ambassadeurs.
La prépondérance de ce chef de l’état provient de son statut particulier.

*au Maroc, le chef de l’état est à la fois le chef temporel et le chef religieux.
*en Tunisie et en Algérie, le chef de l’état est élu au suffrage universel ce qu’il conflit une aura particulière.